Devenez développeur web en 3 mois

400 heures de cours, 10% de théorie pour 90% de pratique,
5 technologies et l'accès à un métier qui recrute

3W Academy sur Radio Notre Dame interview par Vincent Neymon

Le Débat économique, une émission présentée par Vincent Neymon.

Vincent- Bonjour à tous, bienvenue dans le Débat Économique ! Il y a 3 semaines, un de mes invités a abordé le sujet de l’économie du partage, j’ai donc voulu en savoir un peu plus sur cette économie et sur la consommation collaborative qui en fait partie, certains d’ailleurs pensent que c’est un modèle qui va supplanter le modèle de consommation classique qui a caractérisé notre 20ème siècle. Alors cet invité c’est Didier Tranchier, il est avec nous aujourd’hui, bonjour Didier.

Didier- Bonjour Vincent.

Vincent- Merci d’être avec nous, je rappelle que vous êtes fondateur et président de IT Angels qui est une association de Business Angels (investisseurs providentiels en français) dédié aux technologies de l’information et de la communication, vous êtes aussi président d’Adelite qui est un cabinet de conseil en stratégie positionné sur l’open innovation et la création de valeurs -humaines et financières-. On va creuser un peu cette réalité qu’est l’économie du partage grâce à vous Didier mais aussi car cette économie se développe surtout grâce à Internet, j’accueille avec plaisir Djamchid Dalili, bonjour.

Djamchid- Bonjour Vincent.

Vincent- Vous êtes entrepreneur, polytechnicien, coach de créateur d’entreprise, vous avez appartenu aussi à des grands groupes, vous avez créé et dirigé plusieurs PME dont une école de formation pour adultes et aujourd’hui vous venez nous parler de la 3W Academy. « Academy » ? C’est anglais ?

Djamchid- Non, c’est une société française qui exerce en France, le « y » c’est pour céder à la mode.

Vincent- C’est une école de formation rapide aux langages de création de sites internet, d’ailleurs, le site de votre école est bien référencé, quand on tape le nom dans un moteur de recherche du genre Google, on tombe tout de suite dessus, et il faut dire qu’il est très bien fait, il est simple, il est très convivial, on comprend tout.

Djamchid- Merci Vincent, vous êtes bon public !

Vincent- Remarquez c’est un peu la moindre des choses quand on fait le métier que vous faites que le site soit quand même bien fait.

Djamchid- Effectivement, d’ailleurs le site a été fait par les étudiants de la 3WA il y a un an, en fin de cycle.

Vincent- C’est donc que ça marche ! Alors entre vous deux, Didier Tranchier et Djamchid Dalili, il y a bien sûr un lien, d’abord parce que vous vous connaissez assez bien je crois, on peut dire Didier, que vous êtes investisseur chez Djamchid ?

Didier- Tout à fait et par un biais un peu inattendu : mon fils aîné, Jules, a été déscolarisé et avait du mal à trouver sa voie. à un moment il me dit « Papa, je vais faire de l’informatique, j’ai trouvé un truc génial ça s’appelle la 3W Academy ». Donc je regarde le site, je rencontre la 3W Academy et effectivement je vois que le concept est tout à fait intéressant, aussi en terme de solidarité, je trouve la personnalité de Djamchid extrêmement attachante et intéressante et au final je deviens investisseur dans la 3W Academy.

Vincent- Voilà c’est donc une belle histoire qu’on va vous raconter. Dans la première partie de notre émission on va parler de la 3W Academy, une histoire d’entreprise, mais aussi parce qu’on ne perd pas le fil du débat économique, c’est une histoire au cœur d’un secteur en forte croissance, contrairement à la plupart des autres dans notre conjoncture actuelle, donc c’est intéressant d’en parler.

Et puis on va aussi parler dans cette émission de cette économie de partage évidemment, vous êtes là pour ça Didier,  vous allez nous expliquer un peu plus en détails ce que c’est et ce que l’on peut en espérer, sachant que ça change absolument tous les jours.

Et enfin quand même car on est fidèle à note émission, on fera un petit tour d’actualité économique en 3ème partie d’émission qu’on regardera avec votre point de vue, en essayant de voir le verre à moitié plein -et ça ne sera pas difficile grâce à votre secteur.

Alors 3W Academy, Djamchid Dalili, au départ c’était une agence web avec des besoins ?

Djamchid- C’est exactement ça. Une de mes connaissances me dit un jour « je n’arrive pas à développer mon agence, parce que je n’arrive pas à recruter des développeurs. » Il nous a fallu quelques minutes pour passer de ce constat de pénurie de développeurs à la décision d’y pourvoir par la création d’une école.

Vincent- Alors un développeur c’est quoi ?

Djamchid- C’est quelqu’un qui crée des sites internet. Dernière un site internet, il y a des lignes de programme, de codes, du langage par exemple HTML, PHP, Javascript, CSS -qui aujourd’hui représentent l’essentiel des sites internet- et derrière une ligne de code il y a forcément un développeur qui l’a écrit.

Vincent- Une ligne de code c’est en fait l’ADN d’un site internet, c’est ça qui fait que le site fonctionne ?

Djamchid- Oui, il y a une première partie qui représente la partie visible pour l’utilisateur -la forme, les couleurs, le contenu que l’humain peut lire- et il y a une deuxième partie qui est derrière qui se passe dans les coulisses, où interviennent vraiment les programmeurs, qui représente l’intelligence et la mémoire du site internet. Les bases de données, le traitement de vos commandes, de vos retours, de votre abonnement et ainsi de suite.

Vincent- Vous avez choisi avec la 3WA d’enseigner 5 langages qui sont aujourd’hui incontournables si on veut faire du développement.

Djamchid- Voilà, aujourd’hui 80% des sites internet sont écrits avec PHP et JavaScript, nous avons donc fait le choix dès le départ de former les gens pour qu’ils soient employables, ça veut dire les former aux technologies qui sont le plus demandées sur le marché de l’emploi.

Vincent- Il y a une petite subtilité aussi que j’aimerais que vous nous expliquiez : vous formez des développeurs, des gens qui vont manier directement ce code, mais aussi des intégrateurs pour intégrer des logiciels open source gratuits ?

Djamchid- Ça n’est pas tout à fait ça, aujourd’hui la plupart des logiciels qu’on utilise sont open source et gratuits, mais ils demandent à être mis en forme pour correspondre exactement aux besoins du client qui est en général une startup ou une entreprise qui veut avoir une présence sur le web. Donc le rôle de l’intégrateur et du développeur est absolument incontournable pour mettre en place la vitrine de l’entreprise et essayer d’automatiser une partie de son processus.

Vincent- Ces logiciels open source sont eux même écrit dans ces langages ? Donc c’est important quand on est intégrateur de connaître comment fonctionne la machine si on veut pouvoir la manier et l’intégrer au mieux ?

Djamchid- Tout à fait. Pour mettre en place un site simple -le site de la famille avec les photos de la famille etc..- on n’a pas besoin de savoir programmer mais à partir du moment où on veut satisfaire un client professionnel c’est une autre affaire. La première chose qu’il demande c’est un site vitrine, statique sur Internet, il faut que ça soit beau, il faut que la navigation soit facile, que les informations soient au bon endroit, que ça soit correctement référencé etc.. Donc ça c’est forcément un travail de pro.

Vincent- On va parler de votre idée de créer une école, mais d’abord, sur le métier de créateur de site lui-même : il a considérablement changé depuis 5 à 10 ans ça n’est plus le même ?

Djamchid- C’est tout à fait vrai parce que l’économie a changé. Pas tellement les technologies -le PHP doit avoir 20 ans, le HTML [n’a pas encore 30 ans]- ce qui a changé véritablement c’est la demande du marché. Une entreprise ne demande plus un site web simple comme une carte de visite. Aujourd’hui 80% de notre économie est en train de se transformer, de se numériser. [SOURCE rapport du gouvernement accessible sur notre site]. Par exemple récemment j’ai acheté des tables pour mon école. Je les ai fait faire sur mesure, et au lieu de m’adresser à un menuisier, j’ai tapé 3 mots sur Internet et j’ai trouvé un site qui vend des planches sur mesure où 80% du travail était fait directement dessus.

Vincent- D’ailleurs aux menuisiers qui nous écoutent vous leur dites quoi ?

Djamchid- Mettez-vous sur Internet ! Créez votre site internet et en plus si vous en voulez un pour pas cher, venez voir les anciens étudiants de la 3WA, ils font du très bon boulot.

Vincent- Je me tourne vers vous Didier parce que Djamchid l’a évoqué, mais ce secteur, Internet, la création de site, est en perpétuelle évolution parce que la demande s’accroît et qu’aujourd’hui on ne peut pas ne pas être sur Internet et ça n’est pas que de la mode. Mais en dehors de la technologie Didier vous qui êtes aussi à un poste d’observation -vous êtes Business Angel dans plusieurs startups qui sont d’ailleurs aujourd’hui des entreprises un peu mûres- c’est aussi le management qui a changé, du coup aussi la gestion de projet, les business modèles ne sont plus les mêmes, il y a quand même une sorte de révolution, de vraie révolution. Est ce que ça n’est pas celle-ci la 3ème révolution industrielle ?

Didier- Alors en fait j’étais récemment en Californie et là bas ils disent qu’aujourd’hui on ne peut plus avoir aucun métier si on ne comprend pas une partie de ce qui se passe sur Internet.

Vincent- Y compris les métiers très artisanaux de base ?

Didier- Oui et même quand on ne va pas devenir un spécialiste du développement informatique. Donc aujourd’hui il faut comprendre ça, c’est comme connaître l’alphabet, comme savoir lire et écrire.

Vincent- Et c’est vrai pour les seniors aussi par exemple ? Pour tout le monde ?

Djamchid- Encore plus pour les seniors parce que ça leur permet de se sortir de leur isolement. Mes parents ont 87 ans et je peux vous dire qu’ils sont férus d’internet.

Vincent- Cette question de l’économie numérique ça bouleverse tout même dans les entreprises on le voit bien, le modèle de fonctionnent et de management d’une startup n’a rien à voir avec une entreprise classique de même taille, on est dans du projet presque au fil de l’eau, les business model ne sont plus les mêmes ?

Didier- Voilà alors je dirais que le maître mot de la nouvelle économie aujourd’hui c’est l’agilité. L’agilité c’est surtout pas une hiérarchie, c’est surtout pas un chef qui dirige ou l’organisation standard. On a des expertises et elles sont utilisées au mieux, en particulier par la personne qui va délivrer le travail. Donc on est dans une situation d’organisation souple : on peut être un expert dans un domaine en particulier et en même temps avoir un rôle transverse vis à vis des autres, ce sont des gens qui vont communiquer aux autres et aider les autres. Certaines personnes les décrivent comme des gens en « T » : un enracinement et une transversalité.

Vincent- Une question cependant : tous les rouages du système fonctionnent-ils ? C’est à dire un banquier ou un investisseur est-ce qu’il comprend aujourd’hui quand il voit un business model d’une startup, avec ses interrogations, avec son agilité ? C’est pas un petit problème surtout dans notre pays ça ?

Didier- Globalement si, dans le sens où ce qui fait aujourd’hui la richesse d’une entreprise ça n’est pas l’entreprise elle-même ni son management, ce sont ses employés. Et donc aujourd’hui encore on s’aperçoit que c’est la compétence des personnes, plus qu’hier qui fait la différence.

Djamchid- Il y a beaucoup moins de machines dans les entreprises de l’Internet donc du coup le capital est humain car la valeur d’une entreprise se mesure à l’ensemble des connaissances accumulées. Tous ces processus, ces connaissances sont essentiellement dans la tête des gens en comparaison avec l’entreprise industrielle où l’essentiel du capital est dans les machines, des brevets, du stock etc.. J’ai fait une partie de ma vie dans l’industrie lourde, dans l’acier, et je peux vous dire que ça compte énormément. Aujourd’hui l’économie est tirée par le capital humain.

Vincent- Il y a besoin d’une conversion des utilisateurs et de tous ceux qui sont dans la chaîne de l’entreprise ?

Didier- Oui tout à fait, globalement ça s’appelle la transformation digitale et aujourd’hui c’est en train de toucher tout le monde.

Vincent- Juste pour finir rapidement sur la 3WA avant de passer à la transformation digitale Djamchid, vos élèves ils viennent d’où ?

Djamchid- Il y a des graphistes, des informaticiens, des diplômés non informaticiens, des autodidactes du web, des chefs de projets qui viennent acquérir une compétence technique… Ils ont en moyenne 30 ans mais nos étudiants vont de 12 ans (un étudiant surdoué) à 57 ans. On a deux étudiants de 16 ans qui viennent de sortir et qui vont continuer à approfondir leurs connaissances mais surtout qui sont en train de créer deux startups. Après, ça ce sont des exceptions, la moyenne c’est Bac +3 et 30 ans.

Vincent- Il faut aussi préciser que vous délivrez 400 heures de formation, ça dure 3 mois, c’est intensif on va vite et fort, comme une startup.

Djamchid- Tout à fait, ça coûte 3000€ seulement, c’est un investissement que les élèves peuvent rembourser et rentabiliser avec un ou deux sites qu’ils créent en freelance.

Vincent- Parce qu’on trouve du boulot, systématiquement, en sortant de chez vous ?

Djamchid- Dans 80% des cas les gens sont en activité, soit en tant que freelance soit en tant que développeur salarié. Il y a une très forte demande qui est non satisfaite.

Vincent- Une autre petite chose intéressante si j’ai bien compris, c’est que 90% de l’enseignement c’est de la pratique. On tape du code ?

Djamchid- Oui, parce que c’est la meilleure façon d’apprendre. Moi j’aurais voulu qu’on m’enseigne comme ça. J’étais prof il y a plus de 30 ans et j’essayais de rester toujours très très concret parce que c’est ce qui se retient le mieux.

Vincent- Redites-moi votre parcours Djamchid ?

Djamchid- Polytechnique, doctorat en physique puis IAE pour passer du monde de la recherche au management. J’avais fait mon temps en tant que professeur.

Vincent- Vous faites partie des sur-diplômés et vous avez une discours sur le diplôme qui est assez intéressant il me semble ?

Djamchid- Oui, pour moi le diplôme ne fait pas tout, aujourd’hui on doit embaucher de la compétence. Les meilleures embauches que j’ai faites c’était des gens qui avaient 55 ans et pas de diplômes. Dans mon ancienne boîte, dans mon comité de direction il y avait 5 hommes, 5 femmes et aucun diplômé à part moi. Ce qui compte aujourd’hui c’est la compétence des gens et pas le diplôme, en France malheureusement on gâche un petit peu le potentiel de développement parce qu’on a des œillères et c’est vraiment dommage.

Vincent- On va reparler de ça après la petite pause musicale : une musique électronique faite sans informatique mais qui va bien avec notre thème. C’est fait par Pierre Henry en 1967 : Psyche Rock.

18. 30 – 20.40

Vincent- On va parler de votre histoire Djamchid, en 1976 vous arrivez en France, vous êtes Iranien et vous rentrez « comme un enfant qui rentre dans une confiserie », la confiserie du savoir ?

Djamchid- La confiserie du savoir. Vous ne pouvez pas vous rendre compte dans les pays du « tiers monde », le nom utilisé à l’époque, combien on est privé de livres, de lectures intéressantes. Lorsque je suis arrivé en France, j’ai appris le français et je rentrais dans une bibliothèque comme un gamin qui découvrait une confiserie et j’ai dévoré le savoir -et la liberté d’apprendre aussi. Mon père est un ancien prisonnier politique du Shah et il nous a dit « Allez-y, partez faire votre vie ailleurs, de toutes façons vous n’avez pas d’avenir ici ». Quand on est arrivés moi j’avais l’espoir de rentrer en Iran et puis je ne l’ai pas fait.

Vincent- Vos parents sont en Iran encore ?

Djamchid- Non ils sont venus en France.

Vincent- On a tendance nous les français un peu gaulois à râler, mais la France comme vous dites, vue de l’extérieur, elle est pas mal quand même.

Djamchid- Oui, entre l’âge de 7 et 15 ans pour moi la France a représenté la liberté, la culture, c’était le phare du monde.

Vincent- 3WA, c’est une façon de rendre à la France ce qu’elle vous a donné ?

Djamchid- Je ne sais pas si j’arriverai à redonner à la France ce qu’elle m’a donné. Il y a un million de jeunes garçons de mon âge qui sont morts pendant la guerre entre l’Iran et Irak, je fais partie de cette génération là et j’ai la chance d’avoir émigré avant le début de la guerre. Ensuite j’ai eu la chance de rentrer dans le système éducatif français et d’y réussir mes études. Le système me convenait car il me permettait de satisfaire mon envie inépuisable de savoirs et en même temps le système est d’un niveau exceptionnel. Vue de l’extérieur la France c’est le paradis, moi je suis arrivé au Paradis et j’ai toujours eu envie de redonner à la France ce qu’elle m’avait donné. Ce que je cherche à faire à travers la 3W Academy c’est de rendre le développement web accessible au plus grand nombre de talents.

Vincent- Donc c’est pas une école d’élitisme mais c’est une école d’excellence ?

Djamchid- Vous êtes super, je vais mettre ça sur le site !

Vincent- On a besoin de ces métiers aujourd’hui, et ce sont des métiers pointus donc vous formez même des gens qui n’ont pas le bac par exemple, pas de diplômes mais qui ont cette fibre ?

Djamchid- Oui, en France on a les talents, on a les cerveaux et ces cerveaux sont disponibles et ne demandent qu’à apprendre. On a également des gens diplômés qui sont par exemple dans le domaine de l’électronique qui n’a plus vraiment de débouchés -il n’y a plus d’usines d’électronique en France- et qui ont besoin d’une formation complémentaire pour leur permettre de rebondir dans un domaine qui est en demande. Et il est important d’arriver à délivrer cette formation à moindre coût pour former de le maximum de gens possible.

Vincent- Et leur assurer un ROI (un Retour sur Investissement) convenable aussi.

Djamchid- Oui, c’est aussi leur temps et leur argent, il faut assurer un retour sur investissement pour la nation et aussi pour les individus. Mon objectif majeur c’était de rendre la formation accessible. Un jour quelqu’un m’a dit que j’avais inventé l' »Easy Jet » de l’éducation.

Vincent- Le low cost de l’éducation ? ça n’est pas très bien connoté.

Djamchid- C’est peut-être mal connoté mais on a tort, le low cost est un modèle d’excellence.

Vincent- En même temps 3000€ pour 3 mois c’est quand même un peu cher finalement.

Djamchid- 7,50€ de l’heure ? Pour 400 heures de face à face pédagogique ? Pour des classes de 15 étudiants ?

Vincent- Il faut les sortir quand même.

Djamchid- Je suis d’accord. Mais je m’excuse d’avance auprès de tous les auditeurs, en dessous de ça je n’ai pas réussi à faire moins cher.

Vincent- Ce qui est surtout à retenir c’est que vos étudiants ne sont pas seulement des entrepreneurs mais qu’ils sont embauchés à la sortie. On trouve du boulot quand on manie ces outils là.

Djamchid- Voilà, le ROI est bon, le taux d’embauche est bon.

Vincent- En tous cas vous préparez ces personnes à rentrer dans ce monde du numérique et à répondre aux demandes qui sont insatisfaites aujourd’hui. Ce monde du numérique c’est aussi ce monde de l’économie du partage, c’est avec vous Didier qu’on va parler de ça. Alors, on l’a dit en première partie d’émission, il y a de forts besoins, une grosse évolution du secteur du numérique, on peut dire que c’est l’émergence d’une nouvelle économie. Moi je voudrais juste qu’on ait un peu une idée des volumes : cette économie du numérique est-ce qu’on peut aujourd’hui l’évaluer, notamment en France ?

Didier- Oui aujourd’hui, l’économie du numérique représente en France un peu plus de 5% de notre économie classique.

Vincent- C’est pas énorme quand même en soi mais c’est la progression qui est intéressante c’est ça ?

Didier- Oui, il y a une très forte progression, les prévisions font que ça va monter relativement rapidement à 10% de la totalité d PIB.

Djamchid-  Mais ces 5% irriguent 80% de l’économie Française. Ce qui est important c’est l’effet démultiplicateur : L’économie numérique au sens stricte, c’est à dire les informaticiens, des achats d’ordinateur etc, ça ne représente que 5% du PIB mais il y a 80% de notre économie qui est en train d’être transformée par l’économie numérique. Il y a un effet démultiplicateur extraordinaire.

Vincent- Et les deux chiffres augmentent.

Didier- Tout à fait. Et donc c’est là où on en vient à l’économie du partage parce qu’elle est en train d’être redessinée car le digital, le numérique, est en train de réinventer quasiment toute l’économie et on peut parler du Système D comme Digital ou Débrouillard.

Vincent- Alors c’est quoi l’économie du partage ?

Didier- L’économie du partage c’est notre ancien Système D : comment on fait grâce au web ou au mobile pour résoudre tous les problèmes de manière simple, locale, si possible au meilleur prix et au meilleur coût.

Vincent- Et avec une dimension de collaboration, d’interactivité et de solidarité : on met les gens en contact.

Didier- Exactement. Un exemple : vous avez une voiture que vous n’utilisez pas la semaine ou le weekend, quelqu’un peut louer votre voiture et va venir la chercher chez vous. Donc non seulement vous allez connaître la personne qui va utiliser votre voiture mais en plus vous allez la rentabiliser.

Vincent- Alors ça c’est tout ce qui est échange, c’est aussi par exemple les sites de covoiturage genre BlaBlaCar ?

Didier- Oui BlaBlaCar c’est un excellent exemple, c’est du covoiturage, vous vendez vos places de voiture. Donc vous allez connaître des gens mais en plus ils vont participer aux frais.

On a vu plein de systèmes dérivés à partir de BlaBlaCar où des gens allaient par exemple récupérer des camionnettes pour un loueur de voitures et les remplissaient grâce à BlaBlaCar, donc c’est ni plus ni moins de que remplir des voitures, rentabiliser le parc automobile, utiliser beaucoup moins d’essence et faire des rencontres de gens qui sont dans les mêmes communautés.

Vincent- Alors il y a aussi un autre volet de l’économie de partage, c’est la consommation collaborative, c’est à dire que si on est très nombreux à vouloir acheter quelque chose, le prix baisse ?

Didier- Oui mais pas uniquement, il y a aussi une entreprise par exemple « La Ruche qui dit oui » qui permet de grouper des demandes pour acheter directement des produits chez le producteur : des légumes, de la viande… et on sait d’où ça provient. Ça veut dire qu’on est en train de passer en dehors de la grande distribution qui va essayer de faire de la marge en distribuant les produits. Là on revient à l’achat direct auprès du producteur.

Vincent- Alors l’outil numérique apporte quoi par rapport au producteur ? Il y a une sorte de souscription qui lui assure qu’il va écouler son produit ?

Didier- Exactement mais pas uniquement. Aujourd’hui en tant que citadin on ne sait pas nécessairement d’où viennent nos produits ni qui est derrière. Encore une fois ce sont aussi des hommes. Quand on achète un fromage ou un légume, on a envie de savoir qui a fait pousser ça. Et inversement sur celui qui produit, ça n’est pas la même chose si il va vendre à un grand distributeur ou si il connaît les personnes qui vont lui donner des retours sur son produit. Donc on est dans un système ou on va retrouver le contact, la solidarité et nos racines agricoles.

Vincent- Alors ça c’est un paradoxe de cette économie : Internet est un média mondial alors que ça permet de rapprocher les gens, ça crée une économie de proximité.

Didier- Oui les statistiques montrent d’ailleurs que les gens regardent Internet pour mieux connaître leur environnement immédiat : l’ouverture de la poste, les horaires du cinéma…

Djamchid- Il y a même des sites pour situer ses amis à proximité…

Vincent- Est ce qu’il y a des secteurs plus particuliers qui sont concernés ? La santé ? Des biens particuliers, des services spécifiques ?

Didier- Non, en fait on s’aperçoit que comme pour le système D, ça s’applique partout. Donc on retrouve grâce à ces outils digitaux des choses qu’on avait complètement oubliées. Notre société de consommation était organisée en producteur-consommateur et là on voit que derrière tous les produits, tous les services, il y a toujours de l’humain.

Vincent- C’est quoi le « plus » de la technologie à part la mise en relation des gens ? Est ce que c’est lié à des bases de données extrêmement intelligentes, l’utilisation de la big data, le marketing comportemental, des choses comme ça qui sont un peu nouvelles et dont on parle aujourd’hui ?

Didier- En réalité le plus c’est qu’on a transféré une partie des organisations sociales sur Internet. C’est à dire qu’aujourd’hui les réseaux de type Facebook, LinkedIn sont des manières de dire et de reconnaître qui vous êtes. On s’aperçoit par exemple que quelqu’un qui a plus de connexions sur LinkedIn (qui est un réseau social professionnel) va plus facilement trouver un logement car il est plus proche de la personne qui va le lui louer. On retourne sur le mécanisme traditionnel du « je connais quelqu’un qui connaît quelqu’un qui peut m’assurer que cette personne est de bonne qualité, je vais lui louer et à un meilleur prix car j’ai un niveau de confiance supérieur ».

Vincent- Cette approche marketing c’est plutôt une bonne nouvelle en fait, on va être mieux connu, mieux ciblé et on aura un meilleur service.

Didier- Exactement et on est en train de redécouvrir qu’il y a une question d’humain, de connexions, et qu’indépendamment du fait qu’il rentre dans une case, c’est ses relations avec des gens différents qui créent sa richesse.

Vincent- C’est un phénomène mondial cette économie du partage ou c’est plutôt dans les pays riches ?

Didier- Il y a deux endroits qui sont aujourd’hui en avance sur l’économie du partage : les USA sur l’aspect numérique et l’Inde, qui s’aperçoit qu’au fur et à mesure, à travers de l’éducation, ils sont en train de redécouvrir ce système D. Et il y a la France qui est le 2ème pays derrière les USA.

Vincent- Et notamment grâce aux élèves de Djamchid qui sortent avec des compétences importantes.

Djamchid- Et qui rendent possible la création de tous les sites dont on vient de parler. Parce qu’il y a quand même plusieurs déterminants dans le développement de cette économie du partage, il faut d’abord qu’il y ait une rupture technologique qui permette d’abaisser les coûts de distribution -et le numérique permet de le faire- et il faut un abaissement des coûts de production de l’économie numérique, c’est ce que permet aussi la formation des développeurs.

Vincent- Cette histoire de la proximité, des circuits courts, ça va bien avec le développement durable, avec le bio, il y a tout un environnement autour de ça, on se dit que c’est un peu une philosophie, c’est très sain, on peut parler aussi d’idéologie.. mais Le business est-il là ? Pour les startups qui se lancent là dedans, il y a a vraiment de quoi en vivre ?

Djamchid- Quand on partage on gagne. Même moi en tant que manager je fais ça : quand je partage des secrets de mon entreprise, mes connaissances, mes idées avec des confrères -pas des concurrents directs, je n’en ai pas- en retour, il y a une relation de confiance et on fait des choses ensemble.

Didier- En fait aujourd’hui on s’aperçoit que les grands groupes qui n’ont pas compris cette transformation sont en train de se faire sortir du marché. Pourquoi ? En particulier à cause des réseaux sociaux. Aujourd’hui si sur Air France -ou n’importe quelle compagnie aérienne ou n’importe quel hôtel- on vous fait un mauvais service, vous allez sur Twitter ou Facebook et vous faites de la mauvaise pub, ça a un impact énorme. Ça veut dire que le consommateur ou en tout cas le citoyen moyen a un pouvoir gigantesque si il est dans cette situation de solidarité en tant que « consom’acteur ». C’est vrai en particulier pour les nouvelles générations qui sont en train de guider l’économie, elles veulent du sens et ne plus être uniquement consommateur.

Vincent- Les grands du secteur, pour l’anecdote s’y mettent aussi. la SNCF par exemple a créé un service de covoiturage. On ne sait pas que c’est eux mais c’est bien eux, c’est de l’auto-concurrence mais ils savent qu’il faut qu’ils s’y mettent pour ne pas être dépassé.

38:30/41:50 interlude musicale « Electricity » de Orchestral Manœuvres in the Dark des années 80.

Vincent- Troisième partie d’émission, comme à notre habitude nous allons parler un peu de la conjoncture et de l’actualité économique -notamment les perspectives économiques annoncées cette semaine encore par le président de la République- et mettre ces annonces en perspective avec celles que vous même vous projetez dans le secteur des technos de l’information et de la communication que vous connaissez bien. En France par exemple on est en train de se battre avec Bruxelles au niveau européen sur le taux de croissance espéré en 2014-15, on nous dit 1%, 1,5% en 2015, est-ce que vous avez un avis là dessus, est-ce que ça vous intéresse cette macro-économie ou est ce que vous êtes intéressés plutôt par votre secteur ? Et si c’est ça, on est à combien de croissance sur un secteur comme le votre en  2014-2015 ?

Djamchid- Ça ne nous désintéresse pas, le reste de l’économie nous irrigue quand même mais pour parler de notre secteur effectivement on a fait du +300% entre 2013 et 2014. J’espère faire +100% entre 2014 et 2015.

Vincent- Vous parlez de la 3W Academy ?

Djamchid- Je parle de la 3W Academy mais c’est aussi représentatif des startups qui fonctionnent dans notre secteur, ce qui doit lui conférer une vigueur économique qui doit être autour de 15% pour l’e-business et le reste.

Vincent- Est-ce qu’on a une idée de combien représente la croissance de ce secteur dans le 1% ou 1,5% de la croissance globale ? Ça tire l’ensemble de l’économie ou le contraire ?

Didier- Globalement je pense que presque la totalité de cette croissance vient du numérique, de manière directe ou indirecte. Si on prend rien que notre CAC 40, nos 40 plus grosses entreprises, entre 2000 et 2014, leur valeur boursière a perdu 35%. Aujourd’hui on constate qu’en 14 ans il n’y a pas eu de création de valeur par nos entreprises, au contraire il y a même eu une décote. Ça veut dire pour moi qu’ils sont passés à côté de cette transformation digitale. On voit aussi que les emplois dans les grands groupes diminuent sans arrêt.

Vincent- Alors justement aujourd’hui même on parle de ça, on apprend que les tractations depuis 10 mois entre Omnicom et Publicis, les deux géants de la communication sont arrêtées, c’est fini, les deux PDG divorcent à l’amiable avant même d’avoir vécu ensemble si on peut dire, ça n’est pas aussi le signe que ces grands groupes cherchent des nouveaux modèles et que finalement le mariage entre deux gros ça n’est pas ça qui marche aujourd’hui, c’est plutôt l’absorption de startups ? Les startups ont des chances auprès des grands groupes ?

Didier- Aujourd’hui non. La différence entre un grand groupe et une startup c’est justement l’agilité comme dit tout à l’heure. C’est une nouvelle culture qui donne des perspectives sans limite. L’une des raisons pour laquelle j’ai investi dans la 3W Academy au départ, c’est parce que moi je constate, à travers toues les investissements que je fais dans les startups, que ce qui manque aujourd’hui dans les startups en France ça n’est pas tant des entrepreneurs qui ont des idées, ça n’est pas l’argent mais c’est par contre la compétence technique de gens capables de développer. Ce qui est étonnant c’est qu’à un moment où on se dit que la priorité c’est la baisse du chômage, on s’aperçoit qu’il y a une carence totale de ressources humaines dans ces domaines.

Djamchid- Il manque 80 000 développeurs en France pour 2015.

Didier- Et le constat c’est que justement, les startups qui fonctionnent, généralement sont obligées d’aller trouver des développeurs ailleurs.

Vincent- Par rapport à ces startups justement, la recette pour fonctionner aujourd’hui c’est d’être en petit effectif -sous tous ces plafonds de verre administratifs et sociaux qui vous obligent à partir de 11 salariés d’avoir des contraintes- et puis un niveau de formation ? Il faut les deux ? Petit et agiles, avec un bon niveau de formation ? Une société, même une PME de 50 personnes c’est fini ça ?

Djamchid- Non, à partir du moment où il y a une idée, qu’elle est bien gérée, qu’on est sur un bon secteur, ça n’est pas les plafonds de verre idéologiques qui importent.

Vincent- Mais justement est-ce que ça ne fait pas peur à nos startups ces plafonds ? C’est pas un frein à leur développement ?

Didier- Non, moi je pense que justement le modèle qui marche ça n’est pas un modèle purement français. On a eu l’habitude d’avoir des PME françaises, des grands groupes français ou d’origine française mais aujourd’hui les startups ne sont pas françaises. Elles peuvent avoir des équipes en France mais le marché est mondial.

Vincent- Notre système administratif français, il laisse la place aux startups ?

Didier- Non car en fait le modèle n’est pas configuré pour.

Vincent- La bonne vieille SARL a du mal à se mettre en startup.

Djamchid- Aujourd’hui une startup, soit elle atteint une taille ultra critique et elle va aller se coter au NASDAQ, soit le créateur reste avec sa petite startup pendant 10 ans, 15 ans, et il n’a pas tellement de possibilité de se développer. Il n’y a pas de marché de sortie des startups.

Didier- Tout à fait, d’ailleurs c’est aussi un autre projet que je mène qui est un projet de sortie des startups. Je dirais qu’aujourd’hui il y a une croissance énorme dans ce domaine là. Il y a un marché mondial et la France est plutôt bien positionnée là dessus, par contre ce qui nous manque, c’est justement ces compétences du numérique associées avec le côté système D dont on a parlé tout à l’heure.

Vincent- Alors précisément dans nos perspectives et quand on fait les bilans, on s’aperçoit que depuis 5-6 ans -le début de la crise-, la France perd des marchés à l’international. ça c’est impactant pour nos startups ? On connaît des pays comme l’Allemagne qui a l’habitude de chasser en meute à l’international où les grands groupes emmènent avec eux les petites PME etc, en France on sait faire ça ? Et malgré la perte de marchés, est-ce qu’on a quand même des ouvertures à l’international y compris pour nos startups ?

Didier- Oui alors moi je n’ai pas du tout cette vision là, je pense qu’au contraire les Français dès qu’ils sont à l’étranger, ils se débrouillent très très bien, ils sont très réputés et les communautés sont généralement bien organisées. On a pas la même organisation que l’Allemagne mais il n’en demeure pas moins que les Français sont justement dans des modèles très internationaux et ont une capacité en particulier liée au système éducatif à très bien profiter de cette mondialisation, parfois d’ailleurs bien mieux que les américains qui sont une toute petite minorité à être à l’international.

Vincent- Juste un chiffre, combien d’emplois à la clé dans le secteur numérique en France ?

Didier- Pour moi, plus d’un million.

Vincent- Ça réglerait pas mal de choses ça. On va terminer l’émission car le temps nous est compté. Djamchid Dalili, 3W Academy, 3W pour quoi ?

Djamchid- Les 3 W du World Wide Web.

Vincent- Tout simplement. C’est pas Win Win Win ?

Djamchid- Ah bien trouvé encore une fois Vincent !

Vincent- Merci en tous cas à tous les deux, on va quand même juste rappeler que la 3W Academy c’est 3 mois de formation,  400 heures dispensées et puis l’assurance à 80 % de trouver un job en sortie. Salaire moyen en sortie ?

Djamchid- Entre 22 000 et 45 000 €. D’ailleurs c’est Nicolas qui a gagné 45 000 €, félicitation au passage, il se reconnaîtra ! Il est très bon et il s’est placé à Londres.

Vincent- Des personnes donc qui soit montent leur propre boîte, soit sont recrutées par des agences.

Djamchid- Oui les salaires dont je vous parlais sont ceux des élèves embauchées dans des boîtes de toutes tailles. De l’autre côté il y a la moitié des étudiants qui se lancent en Freelance et justement ça fait partie de notre ADN. Moi je pousse énormément les gens à l’autonomie, à l’indépendance, l’auto-entrepreneuriat, créer sa propre entreprise, sa propre agence, c’est ça la liberté.

Source Radio Notre Dame : Vincent Neymon interview le fondateur de la 3W Academy le 09 mai 2014

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